1 jour

Août 2026

Route

J’avais très envie de retourner à Paris pour y découvrir de nouveaux sites insolites. Et en surfant sur le site Paris Promeneurs j’en ai listé une quantité énorme. Il ne me restait qu’à en faire le tri pour qu’ils soient nouveaux pour moi, visitables à vélo et que je puisse imaginer un parcours en boucle les reliant. Devant le nombre de sites retenus, je décide de créer une boucle pour rester sur la rive droite de la Seine. Un autre parcours sera à imaginer pour visiter ceux côtés rive gauche.

J’ai ainsi sélectionné nombre de petites ruelles, aussi nommées villas ou cité,  fermées à la circulation, mais aussi quelques surprises comme des œuvres de street art, de vieilles enseignes, bâtiments atypiques tout en passant par quelques endroits très touristiques comme la Butte Montmartre, la Place des Vosges, le quartier de Beaubourg pour avoir ce contraste entre quartiers très paisibles donnant l’être l’impression d’être loin de Paris avec ces quartiers ultra-fréquentés par ces moutons de touristes qui s’agglutinent tous aux mêmes endroits. 

Ce tour est très différent des 2 précédents : il n’y a que 3 ou 4 endroits visités en commun. Tous les sites ne sont pas forcément accessibles librement. Cela peut dépendre d’horaires ou jours d’ouverture, ou du bon vouloir des habitants de vous laisser entrer. Merci d’être respectueux des lieux traversés et de la quiétude des habitants.

Epilogue

Il faut compter une journée complète pour parcourir ce tour. Nous l’avons fait en 8h au total avec 4h20 de roulage effectif car nous avons fait une pause pique-nique au Buttes Chaumont, puis une pause rafraichissement rue Vitruve.  On peut y passer beaucoup plus de temps si on veut profiter de ses lieux et lire toutes les informations citées si dessous.  

Mon conseil serait de la faire sur 2 jours, 

Vidéo

Relive

Infos sur le parcours

1 : Petite couronne : Rue du Ruisseau (Accès libre par escalier)

Cette partie de la petite couronne a été reconvertie en jardin potager, bar et lieu d’œuvres de street art. 

2: La villa des Tulipes (Accès libre)

Anciennement appelée impasse Malassis, cette impasse faisait autrefois partie du village de Montmartre, avant son rattachement à Paris en 1860.

3: Le passage Charles Albert : 70 rue Leibniz (Accès libre)

Ouverte en 1857, cette étroite voie porte le nom du propriétaire de terrains, Charles Albert Frossart, inspecteur général des Ponts et Chaussées. A cette époque, le quartier est essentiellement agricole, séparé en petites parcelles exploitées par des maraîchers et vignerons. La présence d’anciennes carrières à ciel ouvert ne permet alors pas la construction d’immeubles hauts à cause de l’instabilité des sols. Des maisonnettes, petits immeubles et ateliers sont donc construits le long de cette voie à partir de matériaux bons marchés : brique, meulière, enduit de plâtre. Agrémenté de minuscules jardins, cet habitat populaire a su conserver une ambiance de village. Les portes, volets et façades peintes de multiples couleurs, ainsi que la végétation débordante de vitalité concourent au charme de ce passage.

4: L’impasse Deligny (Accès libre)

L’impasse Deligny porte le nom de son ancien propriétaire. Si elle ne présente pas d’intérêt historique, elle conserve néanmoins beaucoup de charme. Ses habitants ont eu la bonne idée de l’agrémenter d’arbustes en pots qui lui donnent un aspect bucolique. Une portion de l’impasse est même couverte d’un toit végétal formé par des branchages.

5: La Cité des Fleurs (Accès libre aux piétons, interdit aux vélo, concierge vigilante)

La cité des Fleurs est située dans le quartier des Epinettes. Cette voie arborée et piétonne est l’un des lieux les plus étonnants du 17e arrondissement. La cité est ouverte en 1847 par deux propriétaires de terrains, Jean-Edmé Lhenry et Adolphe Bacqueville de la Vasserie. A cette époque, le quartier des Batignolles est en plein essor notamment grâce à l’installation des usines Ernest Gouïn et Cie : d’abord spécialisée dans la construction de locomotives à vapeur, elle se diversifiera ensuite dans le matériel ferroviaire, la construction métallique. Devenue en 1871 la société de construction des Batignolles, l’entreprise est à l’origine de l’actuel groupe de construction Spie Batignolles. La cité va accueillir de nombreux ingénieurs travaillant dans l’activité ferroviaire mais aussi des populations ouvrières formant un rare lieu de mixité sociale pour cette époque. La famille Gouin y possède également un pavillon où elle loge son personnel. Longue de plus de 300 mètres, la voie est bordée d’hôtels particuliers, de maisons et de petits immeubles. Dès son ouverture, la cité est dotée de statuts précisant les règles de construction, de voirie et même de plantations. C’est pourquoi encore aujourd’hui elle forme un ensemble architectural très homogène de la seconde moitié du XIXe siècle.

Au n°59, on accède à l’église Saint-Joseph des Epinettes construite en 1910.

Horaires d’ouverture : ouvert du lundi au samedi de 7h à 19h et le dimanche de 7h à 13h.

6: La Cité Lemercier : 28 rue Lemercier (Grille. Digicode)

Autrefois nommé « Cité de la Fontaine », cette petite voie en impasse prend le nom de Cité Lemercier en 1877. Très paisible et agréablement arborée, elle est composée d’une succession de petits immeubles mitoyens datant du milieu du XIXe siècle.  Au n° 11, une plaque rappelle que le chanteur Jacques Brel (1929-1978) habita à partir de 1958 le petit hôtel qui y était établi, l’hôtel du Chalet. La cité fut également habitée au début des années 1950 par l’actrice Danièle Delorme (1926-2015) avec son premier mari, le comédien Daniel Gélin, puis ensuite avec son second mari, le réalisateur Yves Robert.

7: Le passage de Clichy :  4 avenue de Clichy et 128 boulevard de Clichy (Accès libre)

Nommé auparavant passage Saint-Pierre, ce petit passage secret a pris son nom actuel en 1873. Se faufilant entre les cours d’immeubles d’habitation, il relie le début de l’avenue de Clichy (entrée au n°4) au boulevard de Clichy (entrée au n°128). Le calme qui règne dans ce charmant passage contraste avec le brouhaha de la place de Clichy voisine. Les résidents ont eu la bonne idée de le « verdir » en faisant pousser toutes sortes de plantes dans des pots. Peu à peu la végétation colonise cette venelle pavée. Au n°10bis du passage subsiste une entreprise centenaire, la maison Nebout & Hamm, spécialisée dans la restauration de pianos depuis 1912. Cette illustre maison propose également à la vente des pianos droits et piano à queue neufs des marques les plus renommées (Bosendorfer, Steingraeber, Yamaha Premium), ainsi qu’une sélection de pianos anciens (Pleyel, Steinway). Cette localisation n’est sans doute pas un hasard puisque Pigalle abrite depuis fort longtemps la plus forte concentration de magasins d’instruments de musique à Paris (malheureusement très menacés par la concurrence d’internet). Depuis 2008, la maison Nebout a reçu le label « Entreprise du patrimoine vivant », attestant de son savoir-faire précieux et rare depuis quatre générations de restaurateurs de pianos.

8: La villa Ballu : 23 rue Ballu (Porte. Digicode. Accessible en semaine.)

La villa Ballu est ouverte en 1854. Elle porte le nom de Théodore Ballu (1817-1885), architecte à qui l’on doit l’église de la Sainte-Trinité, chef d’œuvre de style éclectique. Ballu habite d’ailleurs ce quartier, au n° 78 rue Blanche, dans la maison néo-Renaissance qu’il a construit pour lui-même. Sur la rue, un immeuble de style néo-Renaissance est percé de deux grandes arcades. Celle de droite est fermée par une grille ouvrant sur un porche. Celle de gauche est la devanture Art nouveau d’un ancien magasin. L’entrée des piétons est située entre les deux arcades. La villa Ballu est constituée d’une charmante allée bordée d’hôtels particuliers précédés de jardins plantés d’arbres. Elle semble s’être figée dans le temps et reste relativement homogène. C’est un lieu plein de charme souvent méconnu des parisiens.

9: Le Moulin Rouge

Célèbre cabaret de Paris dans le quartier chaud de Pigalle

10: La villa des Platanes (Grille. Digicode)

Construite à partir de 1896 par l’architecte Léon Deloeuvre, la villa des Platanes est une opération immobilière prestigieuse pour ce quartier populaire. L’immeuble donnant sur la rue ne manque pas d’allure avec ses grandes arcades et ses bow-windows semi-circulaires. Sa façade brique et pierre avec des croisillons de brique foncée est inspirée de la Renaissance française. Il est percé par un impressionnant porche à caissons voutés reposant sur des colonnes baguées. L’immeuble en fond de cour est encore plus étonnant. On y accède par un majestueux escalier à volée double en forme de fer à cheval comme celui du château de Fontainebleau. Des statues féminines portant des candélabres précèdent l’escalier. Derrière cet immeuble traversant, une seconde cour se prolonge par un grand jardin bordé d’ateliers d’artistes et d’immeubles plus modestes. Ce jardin communique avec la rue Robert Planquette. Digicode

11: La cité du Midi (Accès libre)

Longue de 100m environ, la cité du Midi est une pittoresque impasse pavée ; elle date probablement du milieu du XIXe siècle. Les deux espaces circulaires situés à l’entrée et à la fin de l’impasse permettaient aux voitures à cheval de faire demi-tour. Visite guidée des bâtiments les plus insolites…

Au n°3, la « villa Amandine » était autrefois un gymnase destiné aux artistes du Moulin-Rouge qui s’y entrainaient. Dans les années 1990, on pouvait encore y admirer une immense toile suspendue servant de décor Le gymnase a été transformé en appartements.

Au n°5, le petit bâtiment sur rue était en fait une ancienne écurie. De 1998 à 2008, il a abrité « l’institut de recherche sur l’histoire du jazz en France ». A l’arrière, le petit immeuble d’habitation est précédé d’une cour arborée. Un superbe figuier y poussait mais il fut tristement abattu car ses puissantes racines commençaient à soulever les murs.

Au n°6, cette maison accueillit tour à tour un cabaret, un petit musée du train miniature, un studio photo, avant de devenir une maison d’Art contemporain. « The box in Paris » a la configuration d’un loft et se prête parfaitement aux expositions. C’est également une chambre d’hôtes. Renseignements sur www.theboxinparis

Au n°7 s’enchainent plusieurs bâtiments intéressants. Tout d’abord une ancienne menuiserie transformée en appartements conserve une jolie façade de brique et de pans de bois. Plus haut, un ancien entrepôt a conservé sa façade de bois repeinte en noir.

Au n°12, les anciens « Bains Douches Pigalle » conservent une pittoresque façade de carreaux de faïence Art nouveau. Ils rappellent l’époque où les Parisiens venaient encore s’y laver. L’édifice a été transformé en atelier d’artiste par son propriétaire.

Au n° 14, ce charmant petit immeuble fut un temps un lupanar, comme il y en eut beaucoup dans le quartier. On raconte que les jeunes filles attendaient les clients assises dehors dans le petit jardinet.

Au n°16, le haut mur d’enceinte cache en fait un loft contemporain sur plusieurs étages. Précédé d’un grand jardin, il a longtemps été la propriété d’un photographe étranger.

Enfin, la cité s’achève au n°15 par une maison en demi-cercle surmontée d’une grande terrasse. Cette partie basse communique avec l’immeuble de brique situé derrière et forme une vaste habitation privée.

12: Café des 2 Moulins

Le fameux café où travaille Amélie Poulain, pour les fans du film « Le fabuleux destin d’Amélie Poulain » de Jean Pierre Jeunet.

13: Rue Lepic

Rue pavée montant jusqu’en haut de Montmartre. Passage épique du tour de France ces dernières années. Au réveillon de Noël 1898, Louis Renault fait le pari à des amis que sa voiturette sera capable de monter la rue Lepic. Pari réussi et 12 commandes sont passées ce soir là. C’est un peu le début historique de la marque Renault. Au numéro 54, une plaque rappelle de Vincent Van Gogh et son frère Théo ont vécu ici entre 18886 et 1888.

14 :Moulin de la Galette

15 : Le Passe Muraille

Statue étonnante de Jean Marais d’après le roman de Marcel Aimé « Le Passe Muraille ». Ce personnage donne l’impression de sortir du mur

16: Villa Léandre (Accès libre)

La villa Léandre est une voie publique située dans le 18e arrondissement de Paris. Elle débute au 23 ter, avenue Junot et se termine en impasse. Quelques maisons en brique rouge de style anglo-saxon agrémentent cette voie pavée tranquille et pittoresque.

Elle porte le nom de l’humoriste montmartrois Charles Léandre (1862-1934).

La villa Léandre est une voie créée en 1926 sous le nom de « villa Junot ». Elle prend sa dénomination actuelle en 1936 et est classée dans la voirie parisienne par un arrêté municipal du 1er mars 1990. Des petits détails amusants à voir comme au n°10

17: L’allée des Brouillards (Accès libre. Escalier d’un dizaine de marche)

L’allée des brouillards, tout comme le château des Brouillards voisin, tire son nom d’une ancienne ferme et d’un moulin qui prirent ce nom à cause de la brume qui enveloppait le paysage. Au XVIIIe siècle, le moulin en ruine est remplacé par le château des Brouillards, une élégante maison de plaisance acquise en 1772 par un avocat au Parlement de Paris, M. Legrand-Ducampjean. En 1850, les communs de la propriété sont rasés. A la place sont construits des pavillons mitoyens séparés du château des Brouillards par une allée, qui prend en 1929 le nom d’allée des Brouillards. L’allée donne d’un coté sur la place Dalida et de l’autre, par un escalier qui descend, sur la place Casadesus. L’allée des Brouillards a connu des habitants célèbres. Au n°8, la famille du peintre Auguste Renoir habita cette maison d’octobre 1890 au printemps 1897. Le grenier servit d’atelier au peintre. C’est ici que naquit le 15 septembre 1894 le fils d’Auguste Renoir, Jean Renoir, l’un des pionniers du cinéma français, à qui l’on doit La Règle du jeu, La Grande illusion, ou encore French Cancan. Au n°4, une plaque rappelle que le grand comédien Michel Aumont (1911-2001) vécut dans cette maison de 1980 à 2000. L’allée des Brouillards est le titre d’un roman se déroulant sur la butte-Montmartre, écrit par le montmartrois Roland Dorgelès. En 1983, le chanteur Claude Nougaro, qui habitait alors l’hôtel particulier du sculpteur Louis-Aimé Lejeune qui se situe à proximité consacra une chanson à « l’allée des Brouillards ».

18 : Place Dalida

Un buste de Dalida trône fièrement sur cette minuscule place. Devenez pourquoi ses seins sont ainsi patinés ?

19 : Vigne de Montmartre et cabaret le Lapin Agile

20: Basilique du Sacré Coeur de Montmartre et vue sur Paris

21: Jardin sauvage Saint-Vincent : 17 rue Saint-Vincent (visible depuis la route)

D’une superficie de 2.000 m2, le jardin Saint-Vincent est un jardin volontairement laissé en friche depuis 1985. Située en contrebas du musée de Montmartre, la rue Saint-Vincent s’appelait autrefois « la sente du jardin de l’abbaye » montant vers l’abbaye Saint-Pierre de Montmartre. Dans cet espace en pente, des plantes sauvages (pavot somnifère, digitale pourpre, menthe aquatique), mais aussi insectes, oiseaux, petits mammifères et crevettes d’eau douce ont colonisé le lieu. Une mare, des arbres et arbustes complètent ce coin de verdure peu connu des Parisiens. Ce refuge contribue à maintenir la biodiversité au cœur de Paris.

22: La villa Poissonnière (Grilles des 2 cotés. Digicode)

Bien cachée dans le quartier de la Goutte d’Or, la villa Poissonnière est un véritable petit trésor largement méconnu. Cette ravissante allée pavée est encadrée de pavillons mitoyens et de petits immeubles qui se font face. Datant pour les plus anciens de la première moitié du XIXe siècle, les pavillons sont précédés de petits jardins luxuriants. Sur la façade de certains pavillons, des décors floraux ont été ajoutés dans les années 1900. Le chanteur Alain Bashung (1947-2009), qui vécut au n° 8 de la villa, fut une figure marquante et très appréciée des habitants.

23 :Le Cinéma Louxor

Le Louxor est une salle de cinéma située au no 170, boulevard de Magenta dans le 10e arrondissement de Paris, construite par l’architecte Henri Zipcy et inaugurée le 6 octobre 1921. Inscrit au titre des monuments historiques le 5 octobre 1981 (façades et toitures), il est transformé en boîte de nuit en 1983. Fermé en 1988 et laissé à l’abandon, il rouvre finalement le 17 avril 2013, entièrement rénové et doté désormais de trois salles.

24: Les fausses façades de la RATP : 145 rue Lafayette

À première vue, ces façades sont comme toutes celles qui les entourent, mais, leurs portes, fenêtres et balcons ne sont finalement que des trompe-l’œil. Conçues pour conserver l’unité architecturale de la rue, elles cachent bien souvent des systèmes électriques ou de ventilation de la société de transport parisienne, la RATP. Pour les repérer, approchez-vous, vous ne verrez ni code ni poignées… Si certaines sont particulièrement réalistes comme celles de la rue Lafayette, d’autres sont simplement dessinées, à l’instar de celle de l’immeuble de la rue Quincampoix.

25 : Vitrine pleine de plantes. Rue des 2 gares 

26 : Le passage Delanos : 148 rue du faubourg Saint-Denis. (Porte. Digicode)

Le nom de ce passage provient de la famille Delanos, originaire de Normandie. Ce passage est composé de trois cours successives reliant la rue du faubourg Saint-Denis à la rue d’Alsace. La famille Delanos y installe dans les années 1830 une petite entreprise de distribution de lait. La porte cochère est d’ailleurs ornée d’une tête de vache. Au début du XIXe siècle, la production de lait augmente notamment pour répondre à la mode du café au lait. Ce phénomène explique la présence de nombreuses « vacheries » dans Paris. En effet, il est plus prudent de produire le lait sur place pour des raisons d’hygiène et de conditions de conservation. Les deux premières cours datent de cette époque; la troisième a été ajoutée sous le Second Empire. Ces cours conservent beaucoup de charme avec leurs volets peints en vert et leurs nombreuses jardinières.

27: La Butte Bergeyre : rues Georges Lardennois, Rémy de Gourmont, Barrelet de Ricou, Philippe Hecht, Edgar Poe (Accès libre)

La butte Bergeyre est située à proximité du parc des Buttes-Chaumont. Elle fut longtemps utilisée pour en extraire du gypse. Au pied de cette butte, un parc d’attraction appelé les Folles Buttes avec manèges et chalets de curiosités ouvre en 1909. Un stade de rugby est inauguré en 1918 au sommet de la butte qui était jusqu’ici restée en friche. Le stade est baptisé Robert Bergeyre en hommage à un rugbyman très impliqué dans sa construction. Il va également laisser son nom à la butte. En 1925, le terrain est vendu à un promoteur. Les premières maisons voient le jour dans les années 1925-1930. Dans les années 1950, la butte continue à être lotie et prend sa physionomie actuelle. C’est un ensemble tout à fait exceptionnel de villas, pavillons, petits immeubles. La profusion des styles d’architecture et des matériaux offre un véritable panorama des habitations construites entre les années 1920 et 1950. Au sommet de la butte côté Ouest, un jardin partagé, le « clos des Chaufourniers », est entretenu par ses habitants.  Ce micro-quartier offre un grand dépaysement à l’abri du bruit et de l’effervescence de la ville. Du haut de la rue Georges Lardenois, la vue sur la Butte Montmartre est spectaculaire. `

28: La cité Saint-Chaumont (Accès libre)

Située dans le quartier populaire de Belleville, la verdoyante cité Saint-Chaumont tire son nom des Buttes-Chaumont voisines d’abord dénommées buttes Saint-Chaumont. A l’origine, la cité était habitée par des artisans cartonniers. Quelques ateliers, de petites maisons mitoyennes et de petits immeubles en rappellent la présence. Au centre de la cité se dressait l’entrepôt de décors du célèbre music-hall les Folies-Bergères. Aujourd’hui, un ensemble d’immeubles d’habitation des années 1970 le remplace. Sur la partie droite de la cité, un bâtiment contemporain est entièrement revêtu de plaques noires vissées et doté d’escaliers extérieurs. Cet immeuble social dessiné par l’architecte Francis Soler a été conçu pour des locataires aux revenus modestes.

29: La cité Jandelle : 53 rue Rébeval (Accès libre)

30: La villa de l’Adour (grille)

L’ancien village de Belleville connaît jusqu’au milieu du XIXe siècle deux activités principales : l’extraction de gypse dans les carrières souterraines et les cultures maraîchères. A partir de la seconde moitié du XIXe siècle, la petite industrie prend le dessus et modifie la physionomie du village, annexé à Paris en 1860. Ateliers, fabriques, usines marquent désormais le paysage urbain. A cause des carrières souterraines qui fragilisent les constructions, le tissu urbain est constitué d’habitations légères : pavillons mitoyens ou petits immeubles. Reliant autrefois la rue de Belleville à la rue Mélingue (entrée condamnée), la villa de l’Adour s’appelait jusqu’en 1877 la villa Barthélémy. C’est une ruelle pavée et fleurie bordée d’une vingtaine de maisons basses et de petits immeubles. Les façades sont pour la plupart recouverte de plâtre et peintes en blanc, égayées par des volets de couleur. Au n° 3 de la villa de l’Adour, un ancien lavoir industriel a été réhabilité et doté d’une extension contemporaine. Vous apercevrez sa cheminée en brique au n° 11 rue de la Villette.

31 : Maison natale d’Edith Piaf : 72 rue de Belleville

Belle vue sur la tour Eiffel au loin

32: La cour de la Métairie : 92 rue de Belleville (Accès libre)

Au Moyen-Age, la ferme de Savies occupe ce lieu, rebaptisé plus tard cour de la Ferme. Cette ferme appartient alors au prieuré Saint-Martin-des-Champs, situé dans le faubourg Saint-Martin. C’est une propriété agricole dont le prieuré tire des revenus. Au XIXe siècle, le paysage champêtre de Belleville laisse peu à peu place à un habitat urbain de type ouvrier. Si les exploitations agricoles disparaissent, il subsiste encore quelques « vacheries » : on y élève encore des vaches pour approvisionner Paris en lait frais. La cour de la Ferme abritait l’une de ces fermes laitières. En 1877, la cour est d’ailleurs rebaptisée « cour de la Métairie », son nom actuel.

L’usine Continsouza

Vers 1914-1915, cette « vacherie » disparaît à son tour. A la place, l’usine Continsouza, installée rue des Envierges et villa Faucheur, agrandit ses locaux. Pierre Continsouza et René Bünzli ont fondé à Paris en 1898 la Manufacture Française d’Appareils de Précision, qui fabrique essentiellement des phonographes. L’usine Continsouza de Belleville fabrique quant à elle des appareils optiques et mécaniques. Elle travaille notamment pour les maisons Gaumont et Pathé.

D’intéressants bâtiments conservés

A gauche dans la cour de la Métairie, le n° 5 a été bâti vers 1915 pour accueillir le siège administratif et les bureaux commerciaux de l’usine. Par la qualité de sa mise en œuvre, il affirme le succès et le prestige de l’entreprise. Le soubassement de l’édifice est en pierre appareillée à bossages. Au-dessus, les façades en brique sont rythmées par de grandes baies rectangulaires et par des pilastres. La pierre est présente aux allèges des fenêtres, avec un motif dentelé décoratif, et au niveau de la forte corniche reposant sur des consoles. Au-dessus de la corniche, l’étage d’attique est surmonté d’une toiture à pans brisés.

L’usine Continsouza détruite par un incendie

Au n° 5bis subsiste un second bâtiment à caractère industriel. Il est visiblement plus récent que le premier et plus « moderne » au niveau constructif : grâce à l’usage d’une charpente métallique, les partie pleines en brique sont réduites au profit de grandes baies laissant pénétrer un maximum de lumière. Ce bâtiment est actuellement occupé par plusieurs sociétés. En février 1928, l’usine Continsouza est victime d’un terrible incendie qui détruit une bonne partie de ses bâtiments. Elle quitte les lieux en 1948. A sa place s’installe au n° 5 le fabricant de chaussures Berthelot. Le bâtiment est à nouveau cédé en 1992. Il sert aujourd’hui de cadre au centre de post-cure « la Maison Blanche ».

33: La rue Laurence Savart (Accès libre)

Malgré la métamorphose radicale opérée par les promoteurs durant la seconde moitié du XXe siècle, le « Mesnil Montant » n’a pas tout perdu de son authenticité et de son charme. Petites cités verdoyantes, rues pavées en pente, venelles tortueuses, cours artisanales donnent encore à cet ancien quartier maraîcher et ouvrier un aspect villageois. Ouverte vers 1875 sous le nom de passage Laurence Savart, la rue porte le nom de la fille du propriétaire du terrain. Située sur d’anciennes carrières de gypse, elle a conservé ses petites maisons, ses petits immeubles aux volets en bois, ses murets, ses courettes et ses jardinets. Par endroit, la végétation y déborde des jardins et commence à grignoter la rue.

34 : La cité Leroy

La cité Leroy, comme sa voisine la cité de l’Ermitage, voit le jour en 1869, voit le jour lors du percement de la rue des Pyrénées. Le gravetier Michel Leroy est alors en charge des travaux. Il fait l’acquisition d’un terrain qu’il va partager avec deux autres acquéreurs : M. Rouvière et M. Berty. Leroy fait construire des habitations légères (le terrain est instable), un puit (réservé à l’usage des 3 propriétaires) et une fosse d’aisance . En 1884, les habitants du quartier se mobilisent pour contraindre Leroy à faire rattacher les habitations au tout-à-l’égout en raison des odeurs pestilentielles qui se dégagent de la fosse d’aisance. Longue de 60m sur 4m de large, la cité Leroy est une petite impasse que ses habitants chérissent en y laissant pousser la végétation dans les jardinets et en la couvrant de pots de plantes et arbustes. Les habitants du quartier vont devoir se battre durement à deux reprises contre des projets immobiliers, en 1992 et 2000. Grâce à leur ténacité, la parcelle promise à la construction est finalement aménagée en jardin partagé à vocation pédagogique.

35: La villa de l’Ermitage

Reliée au sud à la rue de l’Ermitage et au nord à la rue des Pyrénées, cette venelle existe depuis 1812. Large seulement de 5 mètres, elle est envahi par une végétation luxuriante qui déborde des jardins et colonise le pieds des murs. A l’origine, les petites maisons qui la bordent avaient pour particularité de ne pas dépasser 3m de hauteur (depuis on remarque quelques petits immeubles). Cette limitation avait sûrement pour but d’éviter les risques d’affaissement à cause des nombreuses carrières creusées auparavant dans le sol.

36: La villa Olivier-Métra

La Villa Olivier Métra est une charmante allée pavée bordée de petites maisons fleuries. Cette petite impasse pavée a conservé un côté bucolique et populaire à l’image du vieux Belleville. C’est à elle seule un festival de couleurs : sur le vert de la végétation qui l’envahit se détachent le bleu canard, le rose, le gris, le vert des grilles, mais aussi le rouge brique, rose et bleu des portes… comme un air de Provence en plein Paris.

37: La villa du Borrégo : 33 rue du Borrégo

Créée vers 1909, cette voie s’appelait « impasse du Borrégo » à l’origine. Borrégo est le nom d’une bataille menée pendant l’expédition française au Mexique entre 1861 et 1867. Cette charmante impasse pavée est bordée de maisons et petits immeubles en brique agrémentés de jardins fleuris. Un lieu plein de charme resté hors du temps.

38: Le square Chauré : 17 rue du Lieutenant Chauré

Cette petite impasse pavée est ouverte en 1927. Elle est bordée de maisons mitoyennes en assise de pierre et brique construites par la Société immobilière du square Jean-Chauré. Les motifs des garde-corps expriment le style Art déco.

39: La Campagne à Paris (Accès libre)

40: Le square des Grès : 57 rue Vitruve (Accès libre)

Située à l’intersection entre la rue Saint-Blaise et la rue Vitruve, la place des Grès était autrefois la place principale du village de Charonne. Elle a d’ailleurs conservé ses maisons anciennes côté ouest et côté sud.

Au Moyen-Age, le poteau de justice du seigneur de Charonne y était planté. Les condamnés à mort par pendaison ou décapitation n’y étaient pas exécutés, le gibet étant érigé tout au nord du village. La place tire son nom d’un ancien dépôt de pavés, taillés dans du grès de Fontainebleau. Puis, elle a été entièrement paysagée et transformée en square, d’où son nom actuel. C’est un endroit absolument charmant pour faire une pause, écouter le chant des oiseaux ou profiter du soleil.

41: Rue de l’Hirondelle

Cette rue médiévale est très ancienne. Ouverte en 1170, elle a porté plusieurs noms successifs : rue de l’Arondale en Laas, rue Hurundal, rue Hérondale, rue de Irondella, rue de la Rondelle, puis rue de l’Hirondelle. Son nom proviendrait soit d’une famille Arondale, soit d’une enseigne. A l’origine, cette rue étroite reliait la rue Gît-le-Cœur à la place du Pont-Saint-Michel. Mais lorsque Haussmann lance les travaux de création de la place Saint-Michel, elle est amputée de moitié. Aujourd’hui, il faut descendre un escalier pour y accéder depuis la place Saint-Michel : Haussmann a en effet relevé de 2m le sol de la place pour la protéger des crues de la Seine. Au n°20, le portail de cette maison du XVIIIe siècle est sommé d’une salamandre : cet emblème du roi François 1er provient d’un hôtel meublé qui avait pris le nom d’hôtel de la Salamandre en 1788. Il évoque le palais (disparu) que François 1er fit élever pour sa maîtresse officielle, Anne de Pisseleu (1505-1580), duchesse d’Etampes. Les façades des n°22,25,27, bien que modifiées, dateraient du XVIIe siècle. Il s’agit peut-être des dépendances du collège d’Autun (un des nombreux collèges du Quartier Latin), où fut créé en 1767 l’Ecole gratuite de dessin. Cette école déménagea après 1775 dans l’ancienne Confrérie des Chirurgiens, rue de l’Ecole de Médecine.

42: La villa Godin :  85 rue de Bagnolet

Longue de 135 mètres, la villa Godin porte le nom de son ancien propriétaire. Elle s’ouvre sur la rue de Bagnolet par un portail et monte tranquillement vers le mur d’enceinte du cimetière du Père-Lachaise où elle se termine en impasse. Fermée par un digicode, cette ruelle transporte le promeneur loin des bruits de la ville dans une ambiance bucolique. De chaque côté d’un chemin étroit s’alignent de charmants petits pavillons mitoyens; on y croise également un ancien local industriel et un petit immeuble contemporain en brique parfaitement intégré au site. Les maisons sont précédées de jardinets à la végétation exubérante . Au fond, la perspective se termine par la frondaison des vénérables arbres du cimetière du Père-Lachaise. Un lieu préservé à l’image de ce que devait être autrefois le 20e arrondissement : un faubourg paisible et champêtre.

43: La rue Ligner

Formant un coude, la rue Ligner débute et se termine rue de Bagnolet. Large de seulement 5 mètres, cette pittoresque ruelle abrite des maisonnettes et de petits immeubles colorés. Les habitants ont eu la bonne idée d’y faire pousser des arbustes et de la verdir avec de nombreux pots dont les plantes grimpent sur les façades. Un endroit tranquille et bucolique où il fait bon se balader. Profitez-en pour découvrir juste à côté la cité Aubry, la villa Godin et la villa Riberolle.

44 : La villa Riberolle : 

Terminée en impasse et formant un coude, la villa Riberolle est une charmante voie pavée du 20e arrondissement. Au fond, on aperçoit la frondaison des arbres et le mur d’enceinte du cimetière du Père-Lachaise. La villa porte le nom de l’ancien propriétaire du terrain. Sur la gauche, la villa conserve d’anciens ateliers industriels du XIXe siècle reconnaissables à leur fronton et à leur toit à deux pentes. Certains sont devenus des ateliers d’artistes. Sur la droite subsistent plusieurs maisons anciennes précédées de charmantes courettes ainsi que d’anciens ateliers. Au n°9, cet entrepôt est occupé par le Bateau de Safran, une boutique spécialisée dans le mobilier colonial. Jusqu’en 2017 (année de sa liquidation), la villa abritait au n° 17 l’une des dernières entreprises industrielles de paris intra-muros : l’entreprise Oustry SMDT, un atelier de sablage spécialisé dans la gravure et la décoration sur verre ainsi que le décapage de tous matériaux. La villa Riberolle est librement accessible en journée.

45: La cité Aubry : 15 rue de Bagnolet et 1 villa Riberolle

Longue de 180 mètres, la cité Aubry est une charmante voie pavée formant un arc de cercle. Elle relie la rue de Bagnolet à la villa Riberolle. La cité Aubry porte le nom de l’ancien propriétaire du terrain. Vestige du passé industriel de ce quartier, la ruelle conserve quelques anciennes fabriques transformées en logements et de petits immeubles d’habitation ouvrière comportant seulement deux niveaux. Les habitants y ont créé un jardin partagé.

46 : Le magasin Baron V

Un magasin de déco unique. 

47: Les impasses de la rue des Vignoles (Accès libre)

La rue des Vignoles est à elle seule un but de promenade car elle communique avec une quinzaine de petites impasses perpendiculaires. La plupart ont été ouvertes dans les années 1870 pour y construire  de petites maisons individuelles destinées à une population d’ouvriers. Au n° 21, l’ impasse de Casteggio serpente sur un chemin très étroit. Au n° 22, l’impasse Rolleboise croule sous la végétation. Au n° 24, l’ impasse Poule est agréablement envahie par la végétation et se termine par une charmante maison. Au n° 25, l’ impasse des Crins ne manque pas de charme. Au n° 32, l’ impasse de Bergame doit son nom à la ville de Bergame en Italie. Au n°33, cet impasse sans nom est depuis 1936 le siège d’organisations anarchistes espagnoles. C’est également le siège de la CNT (Confédération Nationale du Travail fondée en 1946) . Depuis 1995, c’est aussi un lieu de solidarité pour la communauté des mayas zappistes du Chiapas (Mexique). Cette impasse se termine par un pastiche de chalet suisse recouvert de glycines. Au n° 41, cette impasse est bordée de petits immeubles contemporains qui s’accordent bien avec la volumétrie du bâti dans ce quartier faubourien. Au n° 47, l’impasse Saint-Pierre est annoncée par une pancarte en métal. A proximité, vous pourrez en profiter pour découvrir l’étonnant ensemble de logements Eden Bio, micro quartier écologique également situé rue des Vignoles.

48: Le passage Turquetil : 93 rue de Montreuil

Long de 235m, le passage Turquetil est une voie ancienne reliant la rue de Montreuil et l’avenue Philippe-Auguste. Portant le nom d’un ancien propriétaire, ce passage pavé est bordé par plusieurs bâtiments à vocation artisanale datant des XIXe et XXe siècles. Le n°8 est particulièrement intéressant avec sa charpente à colombages. Le n°10 abrite l’espace Hattori, centre culturel franco-japonais. Au n°18 se situe l’entrée du lycée professionnel Turquetil, dédié aux métiers de la mode.

49: Cour d’Alsace-Lorraine (Accès libre)

Le nom de cette cour commémore la perte douloureuse de l’Alsace et de la Lorraine à l’issue de la guerre franco-allemande de 1870. 

50: Palais de la femme: 94 rue de Charonne

51: La cour Saint-Joseph et la cour Viguès : 5 rue de Charonne

La cour Saint-Joseph est une voie ancienne ouverte à la fin du 18e siècle sous le nom de cul-de-sac Saint-Joseph. Elle porte le nom d’une enseigne représentant Saint Joseph et est alors occupée par une fabrique de porcelaine. Au XIXe siècle, la cour Saint-Joseph devient, comme toutes cours du quartier, une cour industrielle bordée d’ateliers. Par un passage, elle communique la cour Jacques Viguès. La cour Viguès est plus étonnante : des passerelles métalliques relient les bâtiments industriels situés de part et d’autre de la cour. Elle porte le nom de Jacques Viguès, un ancien marchand de bois exotique du faubourg Saint-Antoine, propriétaire du lieu. La cour Saint-Joseph et la cour Jacques Viguès sont librement accessibles en semaine.

52: Le passage Lhomme : 26 rue de Charonne

Le passage Lhomme et son dédale de cours illustre le passé industriel du faubourg Saint-Antoine. Il date du XIXe siècle et débouche sur le passage Saint-Antoine, puis sur le passage Josset. La cour pavée et la végétation qui court sur les façades lui confèrent une ambiance paisible, quasi provinciale. Quelques ateliers subsistent, comme la miroiterie Remlinger installée depuis 1886 ou le vernisseur au tampon Holland présent depuis 1912. Une cheminée à base carrée a été épargnée malgré la transformation du quartier.

53: La cour Delépine : 37 rue de Charonne

Large de quelques mètres et entièrement pavée, cette pittoresque cour noyée sous la végétation est bordée d’anciens ateliers artisanaux élevés tout au plus d’un rez-de-chaussée et d’un étage. Au fond de la cour, on découvre une superbe halle métallique à remplissage de briques, aujourd’hui recouvertes par un enduit, construite vers 1920. Cette cour illustre la sédimentation courante des parcelles du faubourg Saint-Antoine : les bâtiments les plus anciens sont rassemblés près de la rue, tandis que les bâtiments les plus récents occupent le fond des parcelles.

54: La cour de l’Etoile d’Or : 75 rue du faubourg Saint-Antoine

Une véritable pépite se cache à cette adresse. Un étroit passage mène à deux cours successives où 4 siècles d’architecture sont présents.

L’élément le plus ancien est un pavillon de plaisance datant du XVIIe siècle. Situé au fond de la première cour, il a été percé d’un passage conduisant à la seconde cour. Sur sa façade subsiste un cadran solaire du XVIIIe siècle. A, l’intérieur, un bel escalier en bois à balustres est décoré de personnages symbolisant les quatre saisons.

Dans la première cour, on remarque sur la droite une ravissante maison de couleur ocre datant de l’Empire ou remaniée à cette époque. Une frise de palmettes court sur la façade. Juste après elle, une maison d’architecte s’intègre parfaitement à la cour avec sa sobre façade de métal.

55 : Passage du chantier

56 : La cour de l’Ours :  95 rue du Faubourg Saint-Antoine

La cour de l’Ours tire son nom de l’enseigne en bas-relief située sur la façade de l’immeuble donnant sur la rue du Faubourg Saint-Antoine. Entièrement pavée, la cour est bordée d’anciens ateliers liés à l’activité du meuble, prépondérante dans le faubourg Saint-Antoine aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Au fond de la cour, la maison Tassin est une entreprise spécialisée dans les cuirs destinés à l’ameublement et la décoration. L’ébénisterie Staure est également installée dans cette cour. Elle a été classée en 2017 « entreprise du patrimoine vivant ». La cour de l’Ours est librement accessible en semaine.

57: Le passage du Cheval Blanc

Le passage du Cheval Blanc est une succession de cours industrielles menant de la rue de la Roquette à la rue du faubourg Saint-Antoine. A l’origine, ce passage abrite un dépôt de bois pour les ébénistes et menuisiers du faubourg Saint-Antoine. Aujourd’hui, quelques artisans sont encore présents mais le passage accueille de nombreuses agences (architecture, événementiel) et bureaux.

58: Cour industrielle : 28 Rue Sedaine (Digicode)

Proche du faubourg Saint-Antoine, la rue Sedaine conserve plusieurs cours anciennes où les artisans du bois (ébénistes, marqueteurs, restaurateurs, doreurs, etc) avaient leur activité. Au n°28 rue Sedaine se dresse encore de nos jours un superbe immeuble à charpente en bois constitué d’anciens ateliers éclairés par de grandes ouvertures vitrées. La cour pavée est recouverte de jolies plantes vertes. A droite de la cour subsiste deux halles à charpente métallique de taille différente. La petite loge en bois à l’entrée de la cour ajoute au charme du lieu. Autrefois reliée à la rue de la Roquette, cette cour se termine par un immeuble d’habitation.

59 :La cité industrielle : 115bis rue de la Roquette

Cette voie étroite est ouverte en 1856. Son nom évoque l’implantation de petites industries dans le centre et le nord de l’arrondissement dès le milieu du XIXe siècle en remplacement de l’activité agricole . La partie Sud de l’arrondissement, le faubourg Saint-Antoine, se consacrant aux métiers du meuble depuis plusieurs siècles). Longue de 214 mètres et large de seulement 4 mètres, la Cité industrielle démarre au 115bis rue de la Roquette à l’Est et se termine en impasse côté Ouest. On y trouve encore des traces de ses anciennes activités avec la présence d’ateliers (transformés en habitations) et d’une fabrique au fond de l’impasse. A partir de 2012, les habitants de la Cité ont eu la bonne idée de créer un jardin partagé sur la voie publique : les trottoirs y accueillent d’innombrables pots, bacs, jardinières, donnant à la ruelle un aspect bucolique bienvenu dans ce quartier.

60: 6 rue de Jarente

La rue de Jarente est ouverte en 1785. Elle fait partie d’une opération d’urbanisme visant à déplacer le marché en plein air de la rue Saint-Antoine vers un marché couvert.

Sur ce lotissement était établi auparavant le prieuré de Sainte-Catherine du Val-des-Ecoliers. Après sa démolition sont ouvertes les rues Caron, d’Ormesson, Necker, de Jarente, l’impasse de la Poissonnerie et la place du marché Sainte-Catherine (qui accueillera le nouveau marché couvert). Au n° 8 de la rue de Jarente subsiste d’ailleurs une belle maison du XVIIe siècle, remaniée au XVIIIe siècle. Elle serait l’ancien logis du prieur du couvent Sainte-Catherine. Au n°6, en empruntant le porche de l’immeuble Louis XVI donnant sur la rue, vous découvrirez deux charmantes cours pavées. La première est arborée et s’étire en longueur ; la deuxième est plus carrée.

61: Ruelle médiévale : Rue de la Verrerie

La rue de la Verrerie était autrefois l’une des rues les plus importantes de la rive droite avec la rue Saint-Antoine et la rue Saint-Honoré dans l’axe est-ouest. Derrière un portail se cache l’une des ruelles les plus secrètes du quartier… Ponctuée par deux cours, elle passe sous une première maison médiévale à tourelle, puis sous une seconde maison plus aristocratique (belle façade en pierre de taille avec encadrement de fenêtres) dont il subsiste l’escalier… Pour s’achever dans une charmante cour où l’on découvre une dernière maison. Paris recèle de petits trésors cachés comme celui-là.

62: Le passage de l’Ancre royale : 30 rue de Turbigo et 223 rue Saint-Martin ( Porte. Digicode)

Le passage de l’Ancre royale semble être attesté dès le XVIIe siècle. Une vieille auberge, « Au Grand Saint-Pierre », s’annonçait alors par une enseigne représentant une ancre. Son propriétaire, Nicolas Sauvage, y entreposa les premiers fiacre publics à partir de 1637. Aujourd’hui, le passage est reconverti en petites boutiques aux façades peintes de couleurs vives ; la végétation abondante concoure au charme des lieux. Il faut toutefois garder en mémoire que durant la Seconde Guerre mondiale, beaucoup d’occupants du passage, de confession juive, furent déportés suite à la rafle du Vél’d’Hiv en juillet 1942. Le passage de l’Ancre est librement accessible.

63: Le passage de la Trinité : 164 rue Saint-Denis et 21 rue de Palestro

Par son tracé sinueux et son étroitesse, le passage de la Trinité évoque le Paris médiéval. Ce chemin très ancien menait à l’hôpital de la Trinité fondé vers 1200. Cet hôpital donnait l’hospitalité aux pèlerins de passage à Paris. A la fin du XIVe siècle, les Confrères de la Passion, venus de Saint-Maur-des-Fossés, y louent une grande salle : ils y font jouer les mystères tirés des Evangiles.

A partir de 1545, l’établissement accueille des orphelins et prend le nom d’hospice des Enfants-Bleus. Il abrite des orphelins nés de parents pauvres et portant un habit bleu. Il est supprimé à la Révolution. L’église est démolie en 1817 et plusieurs rues sont ouvertes à l’intérieur de l’enclos. Rue Saint-Denis, l’entrée du passage se signale par une arcade charretière d’époque Louis XII ornée d’une clef. Le passage, l’un des plus pittoresques de Paris, serpente ensuite entre les immeubles pour déboucher sur la rue de Palestro.

64: Le passage Sainte-Foy : 14 rue Sainte-Foy et 263 rue Saint-Denis

La rue Sainte-Foy s’appelait à l’origine rue du Rempart : elle suivait le chemin de ronde intérieur de l’enceinte de Charles V, construite entre 1356 et 1383, tandis que la rue d’Aboukir, sa parallèle, fut ouverte sur le tracé même de la muraille. Cette enceinte a remplacé la 1ère muraille de Paris, l’enceinte de Philippe-Auguste.

C’est pourquoi on constate une forte dénivellation dans le passage Sainte-Foy, entre l’entrée rue Sainte-Foy et la rue Saint-Denis, matérialisée par un escalier.

65 : 87 rue de Cléry : les 3 volets du 1er étage cachent en fait des systèmes électriques ou de ventilation de la société de transport parisienne, la RATP

66: La rue des Degrés

Avec ses 5,75 m de long et ses 3,30 m de large, la rue des Degrés est la plus petite rue de Paris, mais ce n’est pas sa seule particularité. En effet, elle se compose simplement d’un escalier de 14 marches ! Percée en 1634 à la suite de la démolition de l’enceinte Charles V, elle a été un témoin de la Révolution Française, comme aime à le rappeler sa plaque commémorative « Ici le baron de Bratz et ses amis tentèrent de faire évader Louis XVI au matin du 21 janvier 1793 ». Aujourd’hui parée de ses plus belles couleurs et d’œuvres de street art, cette petite rue a tout d’une grande !

67: Le passage des Orgues :  29 boulevard Saint-Martin et 36 rue Meslay

Le passage des Orgues tire son nom de la fabrique d’harmoniums Alexandre père et fils qui se trouvait au n°39 rue Meslay, juste en face de la sortie du passage. La date de création du passage n’est pas connue mais il figure sur le cadastre à la fin du XIXe siècle. A l’extrémité du passage, au n° 29 boulevard Saint-Martin, est né Georges Méliès (1861-1938), qui deviendra un des premiers réalisateurs de cinéma.

Ouvert en semaine côté boulevard Saint-Martin, le passage des Orgues est plein de charme avec ses petits ateliers installés dans la cour, ses vieux pavés et l’omniprésence de plantes dans des pots.

68: Le passage du Désir : 89 rue du faubourg Saint-Martin et 50 boulevard de Strasbourg (Porte. Digicode)

A l’origine, cette voie s’appelle l’allée du Puits ; elle est déjà répertoriée au XVIIIe siècle. Elle est rebaptisée « Passage du Désir » en 1789 par les habitants du quartier. En 1852, le percement du boulevard de Strasbourg la coupe en deux. La partie Ouest (entre la rue du faubourg Saint-Denis et le boulevard de Strasbourg) conserve des immeubles datant des XVIIIe et XIXe siècles; ils sont pour certains dotés d’ateliers et de boutiques en rez-de-chaussée. Elle est fermée par des grilles mais librement accessible. La partie Est (entre le boulevard de Strasbourg et la rue du faubourg Saint-Martin) est la plus intéressante. Contemporaines du percement du boulevard, les façades Nord et Sud sont parfaitement ordonnancées. Elles forment une succession de bâtiments bas tous identiques (deux niveaux d’un côté, trois de l’autre) bâtis dans un style brique et pierre qui rappelle l’architecture du début du XVIIe siècle. Au rez-de-chaussée, les arcades cintrées ouvraient sur des boutiques d’artisan ont aujourd’hui disparu. Les étages sont réservés à l’habitation. Les façades sont particulièrement soignées et élégantes : elles sont décorées de tables de pierre, de mascarons représentant des femmes au-dessus des portes d’entrées, de pilastres et de corniches moulurées au-dessus des baies des étages. Les immeubles-porches qui bordent cette partie Est du passage sont également remarquables. Cette partie Est fermée par un digicode. L’origine exacte du nom « Passage du Désir » n’est pas attestée mais elle évoquerait le chemin qui menait à une ancienne maison galante. A ne pas confondre avec les boutiques parisiennes du même nom, « Passage du Désir », qui proposent des objets érotiques !

69: Passage Jouffroy (Porte. Digicode)

70: Le passage des Deux-Sœurs : 42 rue du Faubourg Montmartre et 56 rue Lafayette (Grille. Digicode)

Ce passage est ouvert vers 1780 entre la rue du Faubourg Montmartre et la rue Coquenard (actuelle rue Lamartine) ; il mesure alors une longueur de 238 mètres. A l’origine, il porte le nom de « cour des Chiens ». En 1807, il est appelé « Cul-de-sac Coypel ». Vers 1815, il prend son nom actuel de passage des Deux-Sœurs, en référence à ses propriétaires, les deux sœurs Coypel . A partir de 1830, une école d’équitation et un manège sont implantés dans le passage, dirigé successivement par Tassarini puis François Leblanc. Le manège brûle en 1850. En 1858, le passage est éventré à l’occasion de l’ouverture des rues Lafayette et de Châteaudun. Aujourd’hui, seule sa partie Sud subsiste. Au niveau du n°2 rue de Châteaudun, on aperçoit encore un goulet, trace de son ancien tronçon Nord, occupé par un supermarché Franprix. Ce passage pavé, très tranquille, longe de petites maisons basses et des immeubles d’habitation.

71: Le passage Geffroy-Didelot (Accès libre)

Ouvert en 1843, ce charmant passage piéton porte le nom d’un ancien propriétaire, M. Geffroy-Didelot. Il relie le boulevard des Batignolles à la rue des Dames. Recouvert de pavés, il a conservé ses anciennes devantures de commerces en bois. C’est une venelle animée du village des Batignolles grâce à la présence de restaurants, bistrots, commerces de bouche, activités artistiques. D’où proviennent la multitude de drapeaux qui flottent au vent ? La société Abeille Drapeaux, fabricante de drapeaux, pavillons, banderoles, était installée au n°6 du passage. Il semble que la société ait déménagé à Pantin, 25 rue du Pré-Saint-Gervais.