
Mes principaux conseils
Faites-vous votre propre expérience en évitant tout ce qui pourrait vous dégouter. Avoir un vélo en bon état, bien adapté et bien réglé à votre morphologie. Avoir un minimum de condition physique et choisir un parcours et des étapes pas trop exigeantes. Cela dépendra aussi de votre mental. Si vous n’êtes pas du genre à vite vous décourager, ce sera plus facile. Les 3 premiers jours sont souvent les plus durs. Après, on devient une vraie machine à pédaler ! Personnellement, j’ai appris que mon corps est plus fort que mon mental. Avec mon expérience, je sais que je suis capable de rouler 100km/j pendant 1 mois sans faire de pauses. J’ai moi-même du mal à le croire. Avoir du bon matériel, vêtements, affaires de camping est aussi important. Si vous avez les moyens, n’hésitez pas à rapidement bien vous équiper.

Mon choix du type de logement pendant mon voyage dépend de plusieurs facteurs. Je privilégie en général le camping, car cela suffit à mes besoins et qu’il n’y a pas besoin de faire de réservation. Je fais du bivouac essentiellement lorsqu’il n’y a pas d’autres possibilités de logement. Dans les grandes villes, j’essaye en général via les réseaux Warmshowers, CAC ou Dodocyclo. C’est parfois compliqué de trouver (surtout en été dans les très grandes villes). Je regarde alors du côté des auberges de jeunesse, ou des hôtels.
Le voyage à vélo est aussi un bon moyen de rendre visite à des amis et à la famille et donc de se faire héberger.
Je réserve ou du moins localise les 2 premières nuitées d’un voyage puis j’étudie les solutions la veille pour le lendemain. Je trouve toujours une solution quitte à adapter un peu mon parcours et même si j’ai déjà vécu des moments un peu stressants, je ne me suis jamais retrouvé en galère pour trouver un logement. Un logement en dur de temps en temps permet de faire un peu de lessive, de recharger tout le matériel électrique et d’avoir un peu de confort.
Je voyage avec une tente 2 places pour être à mon aise et y rentrer mes bagages. Le vélo reste dehors cadenassé. Je suis passé à une tente autoportante en forme d’igloo (Décathlon MT900) pour pouvoir l’installer sur n’importe quel type de sol. Un bon matelas et un duvet adapté aux températures locales me permettent de passer de bonnes nuits. Pour un bivouac, l’important est de faire le plein d’eau avant de s’installer et d’avoir assez à manger. Je fais ma toilette avec un gant de toilette. 1 à 2l d’eau sont alors suffisants.

Warmshowers
Cette plateforme internet et application met un service d’échange d’hospitalité entre cyclo voyageurs. L’inscription est devenue payante (30€ à vie) ainsi que l’utilisation de l’application (mais pas de la page internet). Dommage que l’application et le site ne soient pas conçues de manière optimum mais c’est un formidable moyen de rencontre et d’échange avec des gens ayant ce même goût pour ce type de voyage. Je l’utilise en tant qu’hôte et invité et j’ai vécu des tas d’expériences incroyables et de rencontres sympathiques au fil de mes voyages. Je vous en partage quelques-unes. Les autres étant à découvrir sur chacun de mes voyages : Nuits dans une house boat, un bus impérial, dans une maison luxueuse ou un minuscule studio, à même le sol ou dans un bon lit. Des hôtes qui me font visiter leur ville à vélo, qui m’invitent à une soirée festive ou qui me propose de relooker mon site internet (Merci Elise !). Chaque expérience est différente. J’ai été hébergé par des jeunes, des retraités, des célibataires, des personnes en couple, des homos, des personnes n’ayant jamais voyagé à vélo mais qui ont juste du plaisir à recevoir. Bref la liste est longue et j’ai très rarement été déçu par l’accueil de mes hôtes. J’aime bien aussi ce côté surprise. Avant d’arriver chez mes hôtes, je ne sais pas grand-chose d’eux ni de leur logement. Et 5mn après, je me retrouve dans leur douche, 15mn après à partager une bonne bière et rapidement à me faire de nouveaux amis. Je fais de mon mieux de mon côté de bien accueillir mes invités.






























Je voyage depuis très longtemps avec un GPS en suivant une trace définie à l’avance même si je réajuste souvent au jour le jour ma trace en fonction du terrain, des choix de visite ou d’hébergement. La longueur totale du parcours prévue me permet de définir la durée nécessaire à mon voyage puisque qu’avec mon expérience je peux tabler sur 100km par jour en moyenne pour un parcours sur route et 70 à 80km pour un parcours sur chemin.
J’utilise l’application Komoot en version Premium pour définir mon parcours en fonction du type de vélo utilisé. Pour m’orienter dans une ville, j’utilise plutôt mon smartphone avec par exemple Google Maps. Mon dernier GPS est un Garmin 1040 solar, un modèle haut de gamme avec une longue autonomie est des fonctions assez sympas comme la visualisation de toutes les côtes à venir (longueur, pourcentage de la pente…)


C’est un facteur de stress bien normal mais on peut éviter beaucoup de situation à risques avec quelques règles. Privilégier au maximum les voies vertes, vélo routes et autre pistes cyclables. Choisir les petites routes avec peu de circulation. Eviter les routes nationales. Rouler le plus sur le bas-côté de la chaussée. Il m’est arrivé pour certains voyages comme aux USA, de mettre un bâton avec un fanion en travers du porte-bagages pour forcer les véhicules à s’écarter de mon moi. Bien vérifier sa trajectoire par rapport à l’état de la route ou du chemin. Garder les doigts sur les freins en cas de danger. En roulant seul, je pense bien à laisser dans mon portefeuilles les coordonnées d’une personne à prévenir en cas d’accident et j’ai avez moi les coordonnées de mon assurance ainsi que ma carter de sécu européenne. J’ai du bénéficier une seule fois d’une assistance de rapatriement pour revenir d’Italie suite à un calcul rénal déclenché en fin de séjour.
Ce qui me fait le plus peur, ce sont les chiens qui vous coursent. J’ai eu quelques frayeurs en Jordanie à ce propos. Ma stratégie de piquer un sprint a toujours été gagnante mais il parait qu’il vaut mieux au contraire s’arrêter. C’est pourtant à l’arrêt qu’un chien corse m’avait mordillé le mollet. Frayeur spéciale avec ce chien en Jordanie qui aboyait comme un enragé en tirant sur sa chaine et qui s’est mise à casser. Heureusement, il voulait juste se dégourdir les pattes et n’avait pas l’intention de me mordre.
Je n’ai fait que 2 fois des chutes sans gravité en glissant à faible vitesse sur un sol humide.

Pour moi un voyage à vélo, ce n’est pas que pédaler tout le temps. Je tiens à visiter les sites touristiques que je traverse, à profiter des paysages, à découvrir l’histoire et la culture locale. Il n’est pas évident de visiter un musée en pleine journée de pédalage pourtant j’essaye de le faire. Pour cela, il faut avoir prévu la visite dans son timing, éventuellement changement d’habit pour être plus à l’aise qu’en lycra et sécuriser son vélo et ses bagages le temps de la visite. Il m’arrive de le laisser en évidence si le lieu me parait sur ou de laisser mes bagages à l’accueil du musée. En ville, c’est plus facile de prévoir une journée de visite et de laisser les bagages au logement. Dans tous les cas, je garde toujours avec moi mes affaires les plus précieuses, papiers, argent, …Je n’ai jamais été victime de vol en plus de 30 ans de voyage.

Solo
Je voyage principalement seul. C’est à la fois un choix car ainsi c’est la liberté totale de faire un voyage à mon goût, adapté à ma capacité physique et à mes dates de congés. Mais c’est aussi une contrainte car toute l’organisation repose sur moi, il n’y a pas de mise en commun de matériel de camping ou de réparation et que l’on ne peut partager les bons comme les mauvais moments passés.

En duo
J’ai fait 3 longs voyages en duo avec Traile, une californienne rencontrée lors de mon voyage le long de la Pacific Coast. Nous sommes allés à Cuba, au Sri Lanka et en Israël et Jordanie. J’ai bien aimé partager ces voyages avec quelqu’un de même capacité physique et globalement les mêmes goûts et valeurs. Cependant, le 3ème voyage ensemble aura été notre dernier voyage ensemble car au fil du temps quelques divergences culturelles devenaient trop importantes.
En groupe
Les quelques voyages itinérants en groupe que j’ai fait été organisés par une agence de voyage spécialisée, en l’occurrence Vélorizons. A VTT, on roule tous ensemble avec un guide avec des niveaux similaires. Les durées et distances journalières ne sont pas extrêmes pour prendre en compte les imprévus et les différences de niveaux. A vélo de route, le principe est différent mais bien adapté. On part tous ensemble le matin et on roule chacun à son rythme suivant un roadbook ou une trace GPS. On roule souvent en binôme ou en petit groupe de même niveau et on se retrouve le soir à l’étape.

Ce n’est pas parce que je voyage en solo que je n’aime pas faire des rencontres. Au contraire ! Et ce sont bien souvent les meilleurs souvenirs d’un voyage. Les réseaux comme warmshowers sont pour cela un fantastique moyen de faire des rencontres avec, en général, des personnes avec qui on a forcément des centres d’interêts en commun. Sur la route, c’est moins évident. J’aime bien croiser d’autres cyclos voyageurs et si nous roulons à peu près à la même vitesse, c’est sympa de faire un bout de chemin ensemble. Cela m’est surtout arrivé le long du Danube et le long de la Pacific Coast. C’est en Californie que j’ai rencontré Traile, une Américaine. Avec elle, nous avons fait 3 voyages ensemble : A Cuba, au Sri Lanka et en Israël et Jordanie. Une rencontre marquante ! Lorsque j’avais ma remorque mono-roue, elle était souvent l’occasion le début de discussion avec des gens. Suivant les pays, c’est plus ou moins facile de rencontrer des gens. C’était particulièrement facile et sympa à Cuba et en Jordanie.

Les usages ont beaucoup évolué ces dernières années. De quelques photos argentiques et justes quelques appels depuis une cabine téléphonique pour rassurer la famille dans les années 90, je suis passé aux photos et vidéos HD, caméra Go-Pro et drone suiveur avec à la clé, après un long travail, pour réaliser une vidéo retraçant mon voyage. Dans la chronologie de mes voyages vous pourrez voir cette évolution. On peut désormais me suivre quasiment en temps réel via Polarsteps, Strava et Relive. Un peu moins via Facebook. Si vous voulez me suivre sur ces réseaux je vous invite d’abord à vous présenter un minimum en m’envoyant un email (tioneb54@hotmail.com) et à partager à votre tour vos voyages.
Toutes mes vidéos sont directement disponibles sur ma chaîne Pinkbike.

Je voyage pour le moment principalement aux beaux jours, au printemps et en été. Ce n’est pas une garantie d’avoir toujours du beau temps mais au moins cela limite le besoin d’avoir des vêtements chauds et du matériel de camping adapté.
La pluie lorsqu’elle n’est pas froide est supportable. En cas de gros orage, le mieux est de rester à l’abri le temps que cela passe. Je transporte toujours une veste imperméable mais jamais de protection pour les jambes. Je conseille des sur -chaussures ou des garde-boues pour des régions pluvieuses comme l’Irlande ou l’Ecosse. Finalement je supporte mieux la pluie que je ne le pensais. Il est vrai qu’à vélo le corps chauffe bien et qu’il sèche donc rapidement les habits portés. Si je dois plier ma tente humide, je profite d’un rayon de soleil lors d’une pause pour la faire sécher.

Le vent peut être un adversaire terrible à vélo mais aussi un bel allié s’il est de dos. Je me souviens d’un fort mistral de face sur les 30 derniers kilomètres d’une longue étape pour rejoindre Arles. J’étais à court d’eau et j’ai bien cru ne jamais pouvoir y arriver.
Au Danemark et en Ecosse, j’ai affronté des tempêtes qui auront mis du piment dans ces voyages. Enfin, il est bon de connaître la direction des vents dominants. Mieux vaut longer la côte pacifique des USA du Nord vers le Sud, c’est moi qui vous le dis.

La chaleur est le 3ème facteur climatique important. Jusqu’à 35°C, sur un terrain sans grand dénivelé, je supporte bien la chaleur. Il m’ait tout de même arriver d’avoir à boire plus de 6l d’eau par jour. Cela devient plus dur avec du dénivelé car le corps chauffe vite en montée. En plein été, avec le réchauffement climatique, ma tendance est plutôt de chercher à éviter les zones de canicules. L’Europe du Nord est donc un bon choix avec de superbes pays comme l’Irlande, l’Ecosse, le Danemark ou la Suède.

Chaque voyage a son petit lot de mésaventures. C’est cela qui fait les bons souvenirs même si à l’instant T, ce n’est pas toujours très drôle. Il m’est arrivé de faire quelques voyages sans aucune mésaventure et j’ai trouvé après coup qu’ils avaient manqué de saveurs. Mes plus notables sont des casses de roues, des tempêtes à affronter, mes affaires qui n’arrivent que 24h plus tard à l’aéroport, des chutes sans gravité, des pertes d’objets, une selle qui m’avait fait horriblement mal, une traversée du Massif Central avec une côte fêlée, une courte arrestation par la douane israélienne pour n’être pas arrivé à la frontière par un le bon chemin,.. La liste pourrait être longue mais au final, rien de bien méchant.
Je pense avoir utilisé tous les types de transports pour rejoindre ou revenir d’un voyage à vélo : Avion, train, bus, ferry, voiture, covoiturage. Voici mon retour d’expérience sur chacun de ces transports :

Avion : J’ai beaucoup pris l’avion avec mon vélo pour des destinations lointaines (Cuba, USA, Sri Lanka, Israël, Sardaigne, Maroc, …). Si mon voyage est en boucle, je mets mon vélo dans un sac souple spécifique pour vélo et je m’arrange pour réserver le même logement pour le 1er et le dernier jour après m’être assuré que son gardiennage sera assuré. Sinon, je mets mon vélo dans un carton récupéré auprès d’un marchand de cycle et qui sera jeté en arrivant à l’aéroport. Dans les 2 cas, je m’arrange à ne pas dépasser 23kg et je suis conscient que le coût de ce transport de bagages spécifiques peut être assez élevé. Le transport de ce bagage très encombrant jusqu’à l’aéroport est une contrainte et il faut étudier les différentes solutions : Grand taxi, dépose par une navette à l’aérogare, covoiturage ou montage du vélo à l’aéroport. Ce dit, par soucis écologiques, j’essaye désormais de moins prendre l’avion et donc de partir moins loin ou de prendre à la place le train ou le bus.
Train : En France comme à l’étranger (Irlande, Sri Lanka, Sicile, Espagne, Danemark,..) j’ai beaucoup pris le train avec mon vélo, la plupart du temps sans devoir à le démonter. Mais cela demande de bien se renseigner et/ou de réserver sa place vélo à l’avance. C’est un moyen de transport très pratique avec l’accès à la gare à vélo. Les galères peuvent être le manque d’ascenseur dans une gare pour accéder aux quais, un temps de changement trop court et la zone dédiée aux vélos saturée par d’autres vélo ou par des bagages. Le top, c’est le train de nuit acceptant les vélos. J’ai ainsi fait des Nice-Paris, Paris-Montpellier et Aberdeen-Londres.


Bus : J’ai quelques expériences avec Flixbus avec le vélo soit en soute, soit sur un porte vélo. Il faut bien se renseigner et réserver sa place de vélo. J’ai notamment fait un Stockholm- Hambourg – Paris avec Flixbus, soit 31h de bus et 2 nuits inconfortables. Mais c’est très pratique, plutôt bon marché et plus écolo que l’avion.
Ferry : C’est le moyen le plus pratique pour voyager à vélo. Je l’ai beaucoup usité pour aller en Irlande, en Grande Bretagne, pour aller d’îles en îles en Ecosse. Il faut réserver et payer un petit supplément pour les longues traversées.


Covoiturage : J’ai testé et c’est tout à fait possible. Lorsque je cherche un covoitureur je précise bien que je souhaite voyager avec mon vélo et que je suis prêt à payer 1 ou 2 places supplémentaires puisque qu’en général il va condamner la banquette arrière. J’ai ainsi fait un Pontorson-Rouen direct avec une personne qui avait installé son porte vélo juste pour moi. Solution probablement problématique si c’est pour plus d’un vélo et 1 personne !
Voiture : Lors de déplacement en avion, je choisis souvent la solution de laisser ma voiture dans un parking low cost dans les environs de l’aéroport. Le coté pratique est qu’ensuite une navette me dépose directement devant le terminal de départ. Je m’assure juste avant qu’ils puissent bien prendre mon gros sac à vélo.

